
La phase finale du Mondial 2026, co-organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, se déroulera du 11 juin au 19 juillet 2026 avec un format inédit à 48 équipes réparties en 12 groupes de quatre. Le tirage au sort s’est tenu au Kennedy Center de Washington D.C., plaçant d’office les trois pays hôtes en tant que têtes de série dans trois poules distinctes. C’est la première fois qu’autant de nations africaines se retrouvent au Mondial : neuf sélections ont validé leur qualification (Maroc, Sénégal, Algérie, Tunisie, Égypte, Côte d’Ivoire, Ghana, Cap-Vert et Afrique du Sud). Conformément aux règles de la FIFA, elles ont été réparties dans neuf groupes différents afin d’éviter tout choc continent-continent dès le premier tour. Beaucoup espèrent que cette édition sera « la plus prometteuse depuis des décennies » pour le football africain, dans le sillage de l’exploit historique du Maroc au Qatar en 2022.
Groupe A
La poule A réunit le Mexique (pays hôte), l’Afrique du Sud, la Corée du Sud et le vainqueur du barrage européen (Danemark, Macédoine du Nord, Tchéquie ou Irlande). Les Bafana Bafana sud-africains héritent de l’honneur d’ouvrir le tournoi contre le Mexique, comme en 2010 où Tshabalala avait inscrit le but d’ouverture lors d’un match nul 1-1. Selon l’analyse d’Afrik-Foot, ce groupe A est « homogène » et ne comporte pas de véritable cador. Le Mexique, jouant à domicile, partira logiquement favori et profitera de l’expérience acquise au stade Azteca. L’Afrique du Sud et la Corée du Sud vont se disputer la qualification (deux places assurées plus éventuellement l’accès en tant que meilleur troisième). Pour les Sud-Africains, habitués de la CAN et champions d’Afrique en titre, c’est surtout l’occasion de montrer qu’ils peuvent rivaliser avec les gros bras mondiaux dès le coup d’envoi du tournoi.
La Corée du Sud (troisième de la dernière Coupe d’Asie) jouera aussi sa place, mais l’attention sera surtout tournée vers le Mexique – pays hôte et recordman de participations – et l’Afrique du Sud. Le sélectionneur sud-africain pourra s’appuyer sur l’expérience de quelques cadres et sur la ferveur retrouvée du public, en espérant se hisser au moins en tête de l’un des deux groupes sud-africains (deux groupes organisés en Afrique du Sud en 2010). C’est un groupe où le suspense restera entier jusqu’aux dernières journées. Le vainqueur ouvrira les débats le 11 juin 2026, dans un stade Azteca qui a déjà vu s’écrire de nombreuses pages de l’histoire du football.
Groupe C

Le Maroc retrouve le Brésil et l’Écosse dans le groupe C, complété par Haïti. C’est un véritable « groupe rétro » pour les Lions de l’Atlas, qui avaient déjà croisé le Brésil et les Écossais lors du Mondial 1998 (avec une élimination en phase de poules à l’époque). Depuis, le contexte a bien changé : les Marocains se présentent sur la base de leurs performances récentes (demi-finalistes en 2022) et peuvent légitimement rivaliser. Les deux équipes se connaissent (un amical remporté 2-1 par le Maroc contre le Brésil en 2023). Le Brésil, champion d’Amérique du Sud, reste toutefois grand favori pour le premier rang. L’Écosse, qui disputera son troisième Mondial consécutif, jouera les trouble-fêtes, tandis qu’Haïti (qualifié pour la première fois depuis 51 ans) est l’outsider du groupe. Le Maroc, fort de sa solide génération, devra viser au minimum la deuxième place pour passer au tour suivant.
Groupe E

La Côte d’Ivoire est associée au groupe E avec l’Allemagne, l’Équateur et Curaçao. Les Éléphants font leur retour au Mondial après 24 ans d’absence, après avoir terminé en tête de leur groupe qualificatif africain. Sur le papier, l’Allemagne (finaliste de l’Euro 2024) et l’Équateur sont les favoris du groupe, réputés pour leurs joueurs expérimentés. Curaçao est l’invité surprise : cette équipe des Caraïbes, menée par des internationaux évoluant en Europe, reste un mystère. Selon Afrik-Foot, la présence de cette équipe largement abordable devrait au moins permettre aux Ivoiriens de viser une des deux premières places qualificatives voire le statut de meilleur troisième. Pour les hommes de Souleymane Camara, l’objectif principal sera donc de prendre des points dès les premiers matches contre l’Équateur et l’Allemagne, avant éventuellement de gérer la dernière journée face à Curaçao en position idéale pour se qualifier.
Groupe F

La Tunisie hérite du groupe F aux côtés des Pays-Bas, du Japon et d’un barragiste européen (Ukraine, Suède, Pologne ou Albanie). Les Tunisiens, chapeautés (Pot 3) au tirage, peuvent se féliciter de leur parcours sans faute en éliminatoires, mais ce tirage les plonge dans l’une des poules les plus relevées. Les Néerlandais (tête de série) sont largement favoris, tandis que le Japon (finaliste de la dernière Coupe d’Asie) ne s’avouera pas vaincu facilement. Afrik-Foot note que la lutte pour les deux places qualificatives (derrière les Oranges) s’annonce « très disputée ». Les Aigles de Carthage devront faire preuve de discipline et de réalisme pour créer la surprise face à une équipe japonaise jeune et face à l’armada néerlandaise. Leur meilleur coup d’éclat serait un résultat contre le Japon, qui pourrait relancer leurs chances de qualification.
Groupe G
L’Égypte évoluera dans le groupe G avec la Belgique, l’Iran et la Nouvelle-Zélande. Les Pharaons, présents au Mondial 2018 et éliminés en barrages en 2022, veulent à nouveau atteindre la phase finale. Selon Afrik-Foot, l’Égypte devra « faire valoir ses chances » dans cette poule dominée par la Belgique, grande favorite du groupe. Autrement dit, Salah et ses coéquipiers sont attendus sur la deuxième place qualificative, voire sur un éventuel ticket de meilleur troisième. La Roja belge, constituée des meilleurs joueurs évoluant en Ligue des Champions, part effectivement devant. L’Iran, avec sa cohérence défensive, et la Nouvelle-Zélande, finaliste des éliminatoires de la zone Océanie, offriront néanmoins deux adversaires où l’Égypte devra jouer sa va-tout pour ne pas laisser de points en route.
Groupe H
Cap-Vert écrit l’histoire en tant que « plus petit pays jamais qualifié pour un Mondial ». Cet archipel de moins de 600 000 habitants évoluera dans le groupe H, avec l’Espagne, l’Uruguay et l’Arabie Saoudite. Le tirage est d’une grande difficulté pour les Requins Bleus : le groupe comprend l’Espagne (avec la révélation Lamine Yamal), l’Uruguay de Marcelo Bielsa et l’Arabie Saoudite, championne d’Asie 2023. Afrik-Foot constate que les Cap-Verdiens, chapeau 4, devront « déjouer les pronostics » pour espérer se qualifier. Leur seul espoir réaliste sera de viser une place de meilleur troisième, ce qui nécessitera au minimum un exploit contre l’un des favoris (par exemple en arrachant un nul contre l’Espagne ou l’Uruguay). Au-delà de la dimension sportive, cette participation de Cap-Vert est déjà considérée comme un triomphe pour ce petit pays, et toute victoire contre un géant serait une immense fierté.
Groupe I

Le Sénégal hérite du groupe I aux côtés de la France, de la Norvège et d’un qualifié du barrage (Bolivie, Irak ou Surinam). Cette poule peut créer l’une des plus grandes affiches du premier tour, avec un nouveau France–Sénégal rappelant le coup d’éclat de 2002 où les Lions avaient éliminé les Bleus en 8es. Aujourd’hui, les deux sélections jouent dans la cour des grands et visent les deux premières places. La France, tête de série, part légèrement favorite sur le papier, mais le Sénégal (champion d’Afrique 2021) ne s’avoue jamais vaincu. La Norvège d’Erling Haaland peut également jouer les trouble-fêtes s’il triomphe en tête, ce qui complique le tableau. Il s’agira d’un duel de style : la solidité tactique française contre la puissance athlétique sénégalaise. Les Lions devront viser au moins la deuxième place (voire la première si les Bleus trébuchent) en obtenant de bons résultats contre la Norvège et en tenant leur rang contre la France.
Groupe J

L’Algérie est tombée dans le groupe J avec l’Argentine, l’Autriche et la Jordanie. La confrontation la plus redoutée est évidemment contre l’Argentine championne du monde 2022, qui figure comme le principal défi. Toutefois, comme le rappelle Afrik-Foot, « l’essentiel » pour les Verts sera de prendre des points contre l’Autriche et la Jordanie pour assurer la qualification. Les Fennecs ont réalisé un parcours époustouflant en éliminatoires africains (terminant en tête avec 10 victoires en 12 matchs), ce qui leur donne confiance. Leur groupe est donc abordable derrière l’Albiceleste : en cas de bons résultats face aux Européens et aux Jordaniens, l’Algérie devrait atteindre les huitièmes de finale. L’accent sera mis sur la rigueur défensive et l’efficacité, notamment face à l’Autriche expérimentée.
Groupe L
Enfin, le Ghana sera le seul représentant africain du groupe L, qui comprend aussi l’Angleterre, la Croatie et le Panama. Les Black Stars, hors du dernier Mondial, retrouvent de solides adversaires : les Anglais et les Croates figurent parmi les favoris historiques (demi-finalistes 2018). Afrik-Foot note que le Ghana « se coltine » un groupe très relevé. Le Panama, qui fait sa réapparition en phase finale (première qualification), est en effet l’adversaire le plus abordable du groupe. L’objectif pour les Ghanéens sera donc de jouer les troubles-fêtes : obtenir au moins un bon résultat contre Panama, puis tenter de renverser l’un des deux géants européens. Une place de deuxième ou de meilleur troisième reste l’objectif visé, ce qui nécessitera probablement au moins une victoire surprise (par exemple contre la Croatie). Les Ghanéens comptent sur leur expérience mondiale passée (trois quarts de finale en 2006, 2010, 2014) et sur le talent de cadres comme Thomas Partey pour espérer rebondir au terme de ce tirage exigeant.
Sources : Résultats officiels du tirage, analyses CAF et sites spécialisés. Ces informations ont été compilées à partir des rapports du tirage et des commentaires des médias footballistiques.