Par Juste Ephrem ZIO

Du 11 juin au 19 juillet 2026, les regards de la planète football seront tournés vers les États-Unis, le Canada et le Mexique pour la première Coupe du monde à 48 équipes de l’histoire. Pour l’Afrique, cette édition est déjà historique : dix nations représenteront le continent, un record rendu possible par l’élargissement du tournoi. Parmi elles figurent le Maroc, le Sénégal, l’Égypte, la Côte d’Ivoire, l’Algérie, le Ghana, la Tunisie, l’Afrique du Sud, le Cap-Vert et la RD Congo.
Dix représentants, un rêve immense : jusqu’où l’Afrique peut-elle aller en Amérique du Nord ?
Après l’exploit historique du Maroc, demi-finaliste au Qatar en 2022, une question anime désormais tous les passionnés : l’Afrique peut-elle faire aussi bien, voire mieux ? Peut-elle envisager une présence en finale, voire un premier sacre mondial ?
Maroc : le porte-drapeau naturel du continent

Quatre ans après avoir bouleversé la hiérarchie mondiale en atteignant les demi-finales au Qatar, le Maroc demeure la référence africaine. Les Lions de l’Atlas disposent d’un effectif expérimenté, d’un encadrement stable et d’une culture de la gagne acquise lors des dernières compétitions internationales. Leur force réside dans leur organisation collective, leur discipline tactique et leur capacité à souffrir face aux grandes nations.
Le Maroc apparaît aujourd’hui comme le candidat africain le plus crédible pour atteindre à nouveau les quarts de finale, voire les demi-finales.
Probabilité :
- Huitièmes : Très forte
- Quarts : Forte
- Demi-finales : Réaliste
Sénégal : l’expérience et la puissance
Même sans certains cadres de la génération dorée, le Sénégal reste l’une des équipes les plus solides du continent.

Les Lions de la Teranga possèdent une densité physique impressionnante, une expérience des grands rendez-vous et une culture de la compétition acquise au cours des dernières années.
Le principal défi sera de retrouver l’efficacité offensive qui avait fait leur force lors des précédentes campagnes. Sadio Mané présent pour cette édition entend par une excellente prestation tirer sa révérence après une CAN au Maroc exceptionnel de la part du buteur maison des lions.
Probabilité :
- Huitièmes : Forte
- Quarts : Possible
- Demi-finales : Ambitieux mais envisageable
Côte d’Ivoire : l’énorme potentiel des champions d’Afrique
Champions d’Afrique en 2024, les Éléphants arrivent avec des certitudes.

La Côte d’Ivoire possède probablement l’un des effectifs les plus talentueux du continent. Son principal défi sera de gérer la pression d’un statut nouveau. Si elle parvient à reproduire la solidarité démontrée lors de sa conquête continentale, elle peut devenir l’une des surprises du tournoi.
Probabilité :
- Huitièmes : Forte
- Quarts : Possible
Égypte : Salah pour écrire l’histoire

L’Égypte revient sur la scène mondiale avec l’ambition de faire mieux que ses précédentes participations. Autour de Mohamed Salah, les Pharaons possèdent une génération capable de rivaliser avec de nombreuses nations européennes ou sud-américaines. Cependant, l’équipe dépend encore fortement de sa star offensive.
Probabilité :
- Huitièmes : Possible
- Quarts : Difficile
Algérie : le retour des Fennecs

Absente des dernières éditions marquantes, l’Algérie retrouve le Mondial avec une équipe talentueuse et techniquement très intéressante. Les Fennecs ont souvent souffert d’irrégularité dans les grands rendez-vous. Leur capacité à gérer la pression sera déterminante.
Probabilité :
- Huitièmes : Possible
- Quarts : Possible si le tirage est favorable
Ghana : entre jeunesse et ambition

Les Black Stars semblent avoir retrouvé une dynamique positive.
Leur jeunesse constitue à la fois une force et une faiblesse. Si elle apporte enthousiasme et vitesse, elle peut aussi générer des moments d’inexpérience dans les matchs couperets.
Probabilité :
- Huitièmes : Incertaine
Afrique du Sud : le retour des Bafana Bafana
L’Afrique du Sud effectue son retour sur la scène mondiale après plusieurs années d’absence. L’équipe est bien organisée mais manque encore d’expérience au plus haut niveau international.

Probabilité :
- Sortie au premier tour ou qualification difficile
Tunisie : l’éternel défi

La Tunisie demeure l’une des nations les plus régulières du continent en qualifications. Cependant, les Aigles de Carthage peinent historiquement à franchir un cap lors des phases finales. L’objectif réaliste reste une qualification pour les huitièmes de finale.
Probabilité :
- Premier tour ou huitièmes
Cap-Vert : l’invité surprise

Pour sa première participation à une Coupe du monde, le Cap-Vert représente l’une des plus belles histoires du football africain. L’enthousiasme sera immense mais le manque d’expérience mondiale risque de peser.
Probabilité :
- Élimination au premier tour
RD Congo : le retour d’un géant historique

Les Léopards retrouvent le Mondial après plusieurs décennies d’absence. Ils possèdent des individualités évoluant dans les meilleurs championnats européens mais manquent encore de vécu collectif au très haut niveau.
Probabilité :
- Huitièmes possibles
- Premier tour également envisageable selon le groupe
Au regard de l’expérience internationale, de la profondeur d’effectif et du vécu mondial, trois sélections semblent les plus exposées à quitter la compétition prématurément : Cap-Vert, Afrique du Sud, Tunisie. Cela ne signifie pas qu’elles sont condamnées, mais elles apparaissent moins armées que les principales puissances africaines.
A contrario, trois nations se détachent clairement du lot du contingent africain des nations qui peuvent aller le plus dans ce jamborée sportif : Maroc, Sénégal, Côte d’Ivoire.
Ces équipes possèdent aujourd’hui les effectifs, l’expérience et les ambitions nécessaires pour viser au minimum les quarts de finale.
Les demi-finales sont-elles accessibles ?
Le parcours du Maroc en 2022 a démontré que le plafond de verre n’existe plus. Les sélections africaines évoluent désormais dans les plus grands championnats européens. Elles disposent d’infrastructures modernes, d’entraîneurs de haut niveau et d’une meilleure organisation. Le Maroc reste le candidat le plus crédible pour rééditer cet exploit. Le Sénégal et la Côte d’Ivoire peuvent également nourrir cette ambition.
Le graal final pour les représentants africains est-il possible ?
La question qui paraissait utopique il y a vingt ans ne l’est plus totalement aujourd’hui. Cependant, gagner une Coupe du monde exige sept matchs de très haut niveau contre les meilleures nations de la planète. Pour soulever le trophée, une sélection africaine devrait probablement éliminer successivement plusieurs géants comme le Brésil, l’Argentine, la France, l’Espagne ou l’Angleterre. Le défi demeure immense, mais pas impossible. Aujourd’hui, il semble plus réaliste d’envisager une présence africaine en demi-finale ou en finale qu’un titre mondial immédiat, car l’écart se réduit.
Le Mondial 2026 pourrait marquer un nouveau tournant dans l’histoire du football africain. Jamais le continent n’a présenté autant de représentants, jamais ses meilleures sélections n’ont semblé aussi compétitives, et jamais l’idée d’une équipe africaine parmi les quatre meilleures nations du monde n’a paru aussi crédible.
Le Maroc a ouvert la voie au Qatar. En Amérique du Nord, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Algérie, l’Égypte et surtout les Lions de l’Atlas tenteront désormais de franchir une nouvelle frontière. L’histoire est en marche. Reste à savoir si 2026 sera l’année où l’Afrique cessera d’être un outsider pour devenir un véritable prétendant à la couronne mondiale.