Le dernier carré est connu : quatre nations, quatre histoires, un seul rêve
La phase des quarts de finale de la CAN féminine 2026 a livré son verdict. En l’espace de deux jours, la compétition a perdu plusieurs grandes nations, dont les championnes en titre du Nigeria et les championnes d’Afrique 2022, l’Afrique du Sud.
Au terme de quatre rencontres particulièrement disputées, le Maroc, l’Algérie, le Cameroun et le Malawi composent désormais le dernier carré. Quatre sélections aux profils radicalement différents : un pays hôte à la recherche de son premier sacre, une Algérie en pleine ascension, un Cameroun qui retrouve les sommets et un Malawi historique, sensation de cette édition.
Les quatre demi-finalistes sont également directement qualifiés pour la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil.
MAROC : LE RÊVE DU TITRE À DOMICILE PREND FORME
Parcours : une machine difficile à faire tomber
Le Maroc avait commencé sa CAN avec le statut de favori et celui de pays hôte. Les Lionnes de l’Atlas n’ont pas déçu.
Phase de groupes – Groupe A :
Maroc 4-0
Kenya
Maroc 1-0
Algérie
Maroc 0-0
Sénégal
Avec 7 points, le Maroc a terminé premier de son groupe sans encaisser le moindre but.
En quarts de finale, les Marocaines ont retrouvé l’Afrique du Sud, dans une revanche symbolique de la finale de 2022. Cette fois, l’histoire a tourné en faveur des locales : victoire 2-1, synonyme de qualification pour les demi-finales.
Les points forts
Le premier atout du Maroc est incontestablement sa solidité défensive. Trois matches de groupes sans encaisser le moindre but témoignaient déjà d’une organisation particulièrement efficace.
À cela s’ajoute une grande qualité technique au milieu, avec Ghizlane Chebbak, capitaine et véritable cerveau de l’équipe. La sélection dispose également d’armes offensives comme Sanaâ Mssoudy, capable de faire la différence dans les zones décisives. Et surtout, les Marocaines jouent à domicile, devant un public qui pousse derrière elles.
Le Maroc a déjà disputé les finales de 2022 et 2024. Cette fois, l’objectif est clair : aller jusqu’au bout.
ALGÉRIE : LES FENNECS NE SONT PLUS UNE SURPRISE
L’Algérie est probablement l’une des équipes qui a le plus impressionné par sa progression.
Les Fennecs avaient déjà atteint pour la première fois les quarts de finale lors de la précédente édition. Cette année, elles viennent de franchir un nouveau cap : elles sont désormais dans le dernier carré.
Parcours
Phase de groupes – Groupe A :
Algérie 2-0
Sénégal
Maroc 1-0
Algérie
Algérie 2-0
Kenya
Avec 6 points, l’Algérie a terminé deuxième derrière le Maroc.
Puis est venu le quart de finale contre la Côte d’Ivoire. Menées 1-0, les Algériennes ont renversé la situation pour s’imposer 2-1, grâce notamment aux buts d’Inès Khiri et Amira Ould Braham.
Les points forts
L’Algérie possède une caractéristique essentielle dans les matches à élimination directe : elle sait souffrir et rester organisée.
Sous la direction de Farid Benstiti, les Fennecs ont développé une équipe disciplinée tactiquement, capable de défendre en bloc puis de se projeter rapidement.Le milieu constitue également un secteur clé, avec des joueuses capables de conserver le ballon et de casser les lignes. Marine Dafeur, Mellissa Bethi, Inès Khiri et Amira Ould Braham incarnent cette nouvelle génération algérienne.
Mais l’un des meilleurs indicateurs de la progression algérienne reste leur parcours de qualification : elles avaient éliminé le Cameroun 3-1 sur l’ensemble des deux matches.
L’Algérie n’est donc plus simplement là pour apprendre. Elle joue désormais pour gagner.
CAMEROUN : LES LIONNES RETROUVENT LEUR STATUT
Le Cameroun avait manqué la précédente édition. Son retour au tournoi est désormais spectaculaire.
Les Lionnes indomptables ont réalisé une phase de groupes particulièrement solide.
Parcours
Groupe D :
Cameroun 2-1
Mali
Cameroun 1-0
Ghana
Cameroun 1-1
Cap-Vert
7 points, première place du groupe et seulement deux buts encaissés.
Mais le véritable exploit est arrivé en quarts.
Face au Nigeria, champion d’Afrique en titre et nation la plus titrée de l’histoire de la compétition, le Cameroun a réalisé ce que beaucoup pensaient difficilement imaginable : victoire 1-0.
Les Lionnes ont résisté à la pression nigériane et conservé leur avantage jusqu’au bout. La gardienne Michaely Bihina s’est notamment illustrée dans les moments importants.
Les points forts
Le Cameroun s’appuie avant tout sur une organisation défensive remarquable.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : seulement deux buts encaissés en phase de groupes, puis un clean-sheet contre le Nigeria.
Mais les Lionnes possèdent également une importante expérience des grands rendez-vous. Ajara Nchout Njoya, Gabrielle Aboudi Onguéné et d’autres cadres apportent cette expérience à une génération plus jeune emmenée notamment par des talents comme Monique Ngock.
Le Cameroun dispose donc d’un mélange particulièrement dangereux :
- expérience + puissance physique + discipline tactique + jeunesse.
- Et surtout, les Lionnes viennent de briser une vieille malédiction face au Nigeria.
MALAWI : LA FOLLE ÉPOPÉE DES SCORCHERS
S’il fallait désigner la sensation absolue de cette CAN, le Malawi serait difficile à éviter.
Pour sa toute première participation à la CAN féminine, le Malawi est déjà en demi-finale.
Et ce n’est pas un parcours construit sur la chance.
Parcours historique
Groupe C :
Malawi 3-2
Nigeria
Malawi 3-1
Égypte
Malawi 0-1
Zambie
Malgré cette défaite contre la Zambie, les Scorchers ont terminé premiers du groupe avec 6 points, devant notamment le Nigeria et la Zambie grâce au critère des confrontations directes.
Puis est arrivé le quart de finale contre le Ghana.
Le Malawi a encore frappé : 2-1 contre les Black Queens.
Le phénomène Temwa Chawinga
Comment parler du Malawi sans parler de Temwa Chawinga ?
La joueuse de Kansas City Current est l’une des armes offensives majeures de cette équipe. Son retour en sélection constituait déjà un énorme renfort avant la compétition.
Elle a encore marqué lors du quart de finale contre le Ghana.
Mais le danger malawite ne repose pas uniquement sur Temwa. Sa sœur Tabitha Chawinga, capitaine et joueuse de l’Olympique Lyonnais, apporte également son expérience internationale et sa qualité offensive.
Le Malawi possède surtout quelque chose que les statistiques ne mesurent pas toujours :
l’insouciance d’une équipe qui n’a plus rien à perdre.
LES DEMI-FINALES : DEUX AFFICHES, DEUX STYLES
Le dernier carré est désormais parfaitement établi.
MAROC – CAMEROUN 
12 août – Rabat
C’est probablement la demi-finale la plus tactique. D’un côté, le Maroc, porté par son public, sa maîtrise technique et son expérience des finales récentes. De l’autre, un Cameroun extrêmement solide défensivement, qui vient d’éliminer le champion en titre.
Le duel pourrait se jouer sur la capacité du Maroc à trouver des espaces dans le bloc camerounais.
ALGÉRIE – MALAWI 
12 août – Rabat
Une opposition particulièrement intéressante.
L’Algérie possède davantage d’expérience et une organisation tactique très structurée. Le Malawi arrive avec une dynamique exceptionnelle, une confiance énorme et surtout les sœurs Chawinga. Expérience contre insouciance. Discipline contre explosivité. La rencontre promet d’être passionnante.
QUATRE ÉQUIPES, QUATRE RÊVES
Cette CAN 2026 a déjà écrit quelques-unes de ses plus belles histoires.
Le Maroc veut enfin transformer ses deux finales perdues en sacre continental.
L’Algérie veut confirmer que sa progression n’est plus un accident.
Le Cameroun veut retrouver une finale qu’il n’a plus disputée depuis 2016.
Le Malawi veut réaliser l’impensable : remporter la CAN dès sa première participation.
Et derrière le trophée, un autre enjeu est déjà acquis : ces quatre nations représenteront directement l’Afrique à la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil.
Le 12 août, il n’en restera que deux. Puis, le 16 août à Rabat, une seule soulèvera le trophée.
Le Maroc peut-il enfin être champion chez lui ? L’Algérie peut-elle poursuivre son incroyable ascension ? Le Cameroun peut-il revenir au sommet ? Ou le Malawi peut-il écrire l’une des plus grandes pages de l’histoire de la CAN féminine ?
Le dernier carré est ouvert. Et l’Afrique du football féminin n’a jamais semblé aussi imprévisible.