• mer. Juil 29th, 2026

Sénégal : l’État refuse de prendre en charge le salaire de Pape Thiaw, la Fédération face à un casse-tête financier

Parlaurin davy mouishe manche

Juil 29, 2026

Un nouveau bras de fer institutionnel secoue le football sénégalais. Alors que l’avenir de Pape Bouna Thiaw à la tête des Lions de la Teranga semblait avoir été sécurisé avec la signature d’un contrat de trois ans, le gouvernement sénégalais a décidé de ne pas prendre en charge les engagements financiers liés à ce bail, plongeant la Fédération sénégalaise de football (FSF) dans une situation particulièrement délicate.

Selon les informations révélées par Sud Quotidien et reprises par plusieurs médias, le ministère sénégalais de la Jeunesse et des Sports a officiellement notifié à la FSF qu’il ne pouvait assurer le paiement des émoluments du sélectionneur national. La raison avancée est claire : le contrat signé entre Pape Thiaw et la Fédération n’a jamais obtenu l’approbation préalable de l’État, pourtant désigné comme tiers-payeur dans ce type d’engagement.

Un contrat aux conditions financières importantes

Le contrat, signé le 22 juin 2026 dans le New Jersey (États-Unis), à la veille du match de Coupe du monde entre le Sénégal et la Norvège, prévoyait un engagement de trois ans. Il comprenait notamment un salaire mensuel de 30 millions de francs CFA (environ 46 000 euros), une prime à la signature de 120 millions de francs CFA (près de 183 000 euros), ainsi que 1 % des primes versées par la FIFA au Sénégal. Une clause de résiliation équivalente à huit mois de salaire y figurait également.

En refusant de valider ce contrat, l’État estime ne pas être juridiquement tenu d’en assumer les conséquences financières. La Fédération, qui avait renouvelé la confiance au technicien sénégalais, se retrouve désormais seule face aux obligations qu’elle a contractées.

Une crise qui pourrait finir devant les tribunaux

Cette décision ouvre la voie à un possible conflit juridique entre les différentes parties. Si la FSF considère le contrat comme pleinement valable, plusieurs observateurs rappellent qu’un engagement impliquant un financement public nécessite obligatoirement l’accord du tiers-payeur.

La Fédération pourrait donc être contrainte d’assumer seule les salaires, les primes prévues, voire une éventuelle indemnisation en cas de rupture du contrat. Une situation qui risque de peser lourdement sur ses finances.

Un précédent qui rappelle l’affaire Aliou Cissé

Ce n’est pas la première fois que les relations entre l’État sénégalais et la Fédération connaissent de fortes tensions autour du poste de sélectionneur. En 2025 déjà, le gouvernement avait refusé de prolonger le contrat d’Aliou Cissé malgré la volonté affichée de la FSF, invoquant notamment des objectifs sportifs jugés insuffisamment atteints.

Plus tôt encore, en 2004, un différend similaire avait opposé l’État et la Fédération au sujet de Guy Stéphan, illustrant une problématique récurrente dans la gouvernance du football sénégalais : la répartition des responsabilités entre l’autorité publique, principal financeur, et l’instance fédérale chargée de la gestion sportive.

Une incertitude pour l’avenir des Lions

Au-delà de l’aspect financier, cette affaire intervient à un moment sensible pour la sélection sénégalaise. Après les succès enregistrés sous la direction de Pape Thiaw, la stabilité du banc des Lions apparaît plus que jamais fragilisée.

La Fédération devra désormais choisir entre financer elle-même l’intégralité du contrat, renégocier les termes de l’accord ou engager un nouveau bras de fer avec les autorités. Dans tous les cas, cette crise institutionnelle rappelle que les performances sportives ne suffisent pas toujours à garantir la sérénité dans la gestion d’une sélection nationale.

Les prochains jours devraient être décisifs pour connaître l’issue de ce dossier, qui pourrait avoir des répercussions importantes sur la gouvernance du football sénégalais et sur l’avenir de Pape Thiaw à la tête des Lions de la Teranga.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  • Facebook
  • X (Twitter)
  • LinkedIn
  • More Networks
Copy link