• mer. Sep 2nd, 2026

CRISE À LA FIFA : L’UEFA PASSE À L’OFFENSIVE ET RÉCLAME UNE RÉFORME PROFONDE

La crise de gouvernance à la FIFA prend une nouvelle dimension. Réunis à Monaco à l’occasion des tirages au sort des compétitions interclubs européennes 2026-2027, les représentants des associations nationales membres de l’UEFA, les membres européens du Conseil de la FIFA et plusieurs présidents de fédérations européennes ont adopté une position particulièrement ferme à l’égard de la direction de la FIFA.

L’UEFA dénonce un « abus de pouvoir »

Au cœur des discussions : le projet FIFA Forward Enterprise (FFE), qui prévoyait l’ouverture à des investisseurs privés de participations liées aux compétitions de la FIFA, notamment la Coupe du Monde.

Pour l’UEFA, l’abandon du projet ne suffit pas à tourner la page. L’instance européenne estime que cette initiative a révélé un grave défaut de jugement et un abus de pouvoir présidentiel, remettant en cause la manière dont la FIFA est gouvernée.

Les représentants réunis à Monaco ont ainsi mandaté à l’unanimité le président de l’UEFA et son administration pour explorer toutes les voies institutionnelles, politiques et juridiques permettant de réformer profondément la gouvernance de la FIFA et de rétablir des limites à l’autorité de son président.

Un audit indépendant exigé

La première demande de l’UEFA est claire : la mise en place d’un audit externe et véritablement indépendant du projet FIFA Forward Enterprise.

L’UEFA réclame un accès complet aux documents, communications et éléments ayant participé au processus décisionnel. Pour l’organisation européenne, la FIFA ne peut pas être à la fois juge et partie dans l’examen d’un projet qui a provoqué une crise institutionnelle majeure.

Cette exigence intervient alors que la FIFA a confirmé par écrit à l’UEFA que le projet FFE était « irrévocablement et définitivement retiré » et qu’il ne reviendrait pas sous une autre forme ou sous un autre nom.

La confiance envers Infantino est rompue

Au-delà du projet lui-même, l’UEFA estime que le problème est désormais devenu celui de la confiance envers la présidence de la FIFA.

Selon la déclaration publiée le 27 août, le retrait du projet ne suffit pas à rétablir cette confiance. L’UEFA affirme donc que le football mondial a besoin d’une nouvelle direction capable de restaurer la crédibilité et la confiance.

Si Gianni Infantino décide malgré tout de briguer un nouveau mandat, l’UEFA annonce qu’elle travaillera avec les autres confédérations partenaires afin qu’une alternative crédible soit proposée aux associations membres de la FIFA, autour de l’intégrité, de la responsabilité, du développement et d’une véritable réforme institutionnelle.

Les réserves de la FIFA au cœur du débat

Autre sujet sensible : les finances de la FIFA.

L’UEFA rappelle que l’organisation dispose actuellement de plusieurs milliards de dollars de réserves, qui appartiennent, selon elle, aux associations membres.

L’instance européenne indique qu’elle étudiera avec les autres confédérations la possibilité de mettre une partie de ces réserves à la disposition des fédérations, tout en préservant la stabilité financière de la FIFA.

Une question est alors posée directement : pourquoi avoir besoin d’investisseurs extérieurs pour augmenter les financements destinés au développement alors que la FIFA dispose déjà de réserves considérables ?

Le boycott des compétitions FIFA provisoirement suspendu

Cette crise avait également fait planer la menace d’un retrait des équipes européennes de plusieurs compétitions de la FIFA.

Après avoir obtenu les garanties demandées le 30 juillet et consulté ses associations membres, l’UEFA a finalement décidé de suspendre provisoirement cette menace.

Les équipes européennes pourront donc continuer à participer aux compétitions concernées lors de la prochaine saison, notamment la Coupe du Monde Féminine U-20, la Coupe du Monde U-17 et la Coupe du Monde Féminine U-17.

Mais l’UEFA précise que cette décision fera l’objet d’un suivi constant et pourra être réexaminée si les circonstances évoluent.

La bataille est loin d’être terminée

La suspension du boycott ne signifie donc pas la fin du bras de fer entre l’UEFA et la FIFA.

Au contraire, l’instance européenne affirme que l’abandon du projet FFE n’efface ni les problèmes de gouvernance ni les questions liées au processus ayant conduit à son élaboration.

Cette position s’inscrit dans une contestation plus large. Le 30 juillet, l’UEFA et ses 55 associations membres avaient déjà rejeté unanimement l’idée de céder à des investisseurs privés des intérêts dans la Coupe du Monde et d’autres compétitions de la FIFA, affirmant que « la Coupe du Monde n’est pas à vendre ».

Et la pression ne s’arrête pas au terrain politique : selon Reuters, l’UEFA a engagé aux États-Unis une démarche judiciaire visant à obtenir des documents auprès d’entités liées à la FIFA, dans le cadre d’une éventuelle procédure en Suisse concernant le projet FFE.

Une crise qui dépasse l’Europe

Le conflit autour de FIFA Forward Enterprise dépasse désormais la seule opposition entre l’UEFA et la FIFA. D’autres acteurs du football mondial ont également exprimé leurs inquiétudes sur la gouvernance du projet.

L’AFC, la CONCACAF et l’UEFA avaient notamment publié le 10 août une lettre commune rappelant que le football mondial appartient à l’ensemble de ses acteurs et ne peut être façonné par une seule personne ou une seule institution.

L’UEFA maintient donc une ligne rouge

Pour l’instance européenne, le message est désormais sans ambiguïté : les compétitions de la FIFA ne doivent pas devenir des produits financiers contrôlés par des intérêts privés, et les ressources destinées au développement ne doivent pas servir d’instrument d’influence personnelle ou politique.

La participation aux compétitions FIFA est donc maintenue pour l’instant, mais la bataille pour la gouvernance du football mondial continue.

La crise FFE est peut-être terminée. La crise de confiance, elle, ne l’est clairement pas.

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